Fini
Tout est fini, pour de bon, à jamais,
Comme l'annoncèrent les augures il y a lurette;
La gravité m'a guetté toutes ces années, et désormais
M'arrache mes forces ultimes : moi non plus, je ne volerai pas
Autre défaite de l'homme face à l'invisible
Modelé en monstre chimérique trop grand trop fort,
Avalant les milliards d'espoirs naïfs d'existences irréversibles
Qui périront au plus creux du goulot infini
Tout est fini, j'en suis plus sûr que certain
Et empli de souvenirs et de joies ravivées
Je pleure, sans corps, sans vie, éteint,
Recroquevillé sur ma nostalgie enflammée.
Oh! Comme nous planions tout en tâtant de nos ailes
Des parcelles de cieux éclatant de mille feux
Illuminant de notre jeunesse des rêves en kyrielle
Insoucieux du demain incertain mais à coup sûr joyeux
Pourtant les demains défilèrent jusqu'à soudain ne plus arriver
Alors que mes ailes se déliaient me les a coupés
La gravité, selon son propre jugement sans pitié
À mes dix-sept ans explosants de pure vie
Adieu, futur mort à jamais! Tout est déjà fini.